Je ne suis pas narcissique

Je ne suis pas narcissique est un montage d’interviews d’actrices puisés dans la presse papier. Un remix théâtral qui s’articule autour de la vaste palette des questions /réponses dans l’exercice de la promotion d’une sortie cinéma.

À partir de ces fragments, le Personnage incarné par Chloé Mons, chanteuse, actrice, performeuse, se dessine et se fait l’écho de ces déclarations intimes, joyeuses et tragiques glanées dans les magazines.

Le Personnage y apparaît comme le lieu de mutations permanentes, aberrantes, dans sa multiplicité psychique et son auto-contamination par les mots.
Est-ce une une comédienne qui répète un rôle ? En promotion, perdue dans ses
réponses, qui se ré-invente suivant les interviewers ? Serait-ce la suite cachée de
Boulevard du Crépuscule, une femme au bord de la folie, une héroïne tragique à la Gena Rowlands ?

À travers tout ce que trimballent le cinéma, le théâtre et le glamour y compris les
clichés, le Personnage s’adresse à nous, comme si le vocabulaire du Spectacle était devenu la seule partition disponible aujourd’hui.

C’est un assemblage émancipé de tout discours logique, à la frontière du sens, comme une tentative d'épuisement à la Perec. Comme si les mots des magazines étaient la seule partition disponible.

C’est un hommage à celles qui nous font rêver et aussi au « glamour » qui disparaît.
Je ne suis pas narcissique est un poème musical avec ses leitmotivs, ses phrases qui reviennent comme dans une éternelle chanson.

Le Personnage est un monstre sacré, un sacré monstre ordinaire, qui nous tend sa perche à selfie comme pour nous interroger.

Interprétation : Chloé Mons
Conception, mise en scène : Alain Klingler en collaboration avec Chloé Mons
Dramaturgie : Alain Klingler, Sophie Rockwell
Production : Ad Libitum
Musique scène : Etienne Dos-Santos, Alain Klingler
Création Lumières : Iannis Japiot
Voix journaliste : Grégory Faive

La presse en parle 

LA TERRASSE :  Ce seul en scène est pareil à une chanson. Avec son refrain, ses leitmotivs, il dit la tragédie, le vide qui se cache derrière les stars dont les images remplissent les magazines féminins, source principale d’inspiration pour les auteurs du texte. Dépendante à l’extrême du regard des autres, le personnage de Chloé Mons « nous tend sa perche à selfie ». Il interroge ainsi notre place de spectateur. Notre regard dont le spectacle a besoin pour exister, de même que la star qui n’est rien sans ses groupies. Sans les photos et les éloges de ses fans, qui ne font pas que confirmer son existence, mais qui la recréent en permanence. Dans Je ne suis pas narcissique, le drame vient de cette mutation incessante. De cette inconstance qui éclate les codes du théâtre comme ceux de la chanson.

ZIBELINE : Je ne suis pas narcissique de Sophie Rockwell et Alain Klingler, concocté essentiellement à partir de fragments d’interviews d’actrices récoltés dans la presse féminine, offre un rôle virtuose à la comédienne et chanteuse Chloé Mons. En une véritable performance poétique et musicale, où jonglent les mots prononcés sur scène et ceux en voix off, son visage et son corps englobent dans le même flux, entre tendresse et ironie, les multiples aspects de cet être qui semble n’exister que dans et par le regard des autres : l’Actrice, dans sa pathétique fragilité.

LA THÉÂTROTHÈQUE : On pense à Edgar Morin, à Guy Debord, à Pierre Bourdieu mais aussi et surtout à Madonna, à Gena Rowland, à Marylin, dans cette marche en avant vers la consumation des idoles. Remarquable jeu de Chloé Mons, incarnation de toutes ces idéations féminines. On en redemande.